5 juin 2013 : problématique et axes d’étude

SAINTUAIRE

Reliques et objets sacrés dans les textes vernaculaires médiévaux

Organisateurs :

Sophie Albert, MCF à l’Université Paris-Sorbonne, EA 4349 « Études et édition de textes médiévaux »

Hubert Heckmann, MCF à l’Université de Rouen, EA 3229 CÉRÉdI

Comité scientifique :

Dominique Boutet, professeur de Littérature Médiévale à l’Université de Paris-Sorbonne

Jacqueline Cerquiglini-Toulet, professeur de Littérature Médiévale à l’Université de Paris-Sorbonne

Michèle Guéret-Laferté, professeur de Langue et Littérature Médiévales à l’Université de Rouen

Patrick Henriet, directeur d’études à l’EPHE sur la chaire d’Hagiographie Médiévale

Jean Maurice, professeur émérite de Langue et Littérature Médiévales à l’Université de Rouen

Jean-René Valette, professeur de Langue et Littérature Médiévales à l’Université de Bordeaux III

Le projet Saintuaire a été engagé en 2012 et porte sur les reliques dans les textes vernaculaires. Ce projet comprend trois volets : après deux journées d’étude préparatoires (20 juin 2012 et 5 juin 2013), un colloque organisé fin 2014 réunira tous les participants. Il visera à faire la synthèse des discussions et des résultats de ces deux journées, ainsi qu’à accueillir des communications nouvelles ; il comprendra enfin une demi-journée au moins de workshop qui permettra d’établir un plan d’ouvrage cohérent et articulé.

Bilan de la première journée

La première journée d’étude, qui s’est tenue à Rouen le 20 juin 2012, a réuni, dans une perspective interdisciplinaire, des spécialistes d’histoire et de littérature médiévales. Elle a essentiellement éclairé le statut des reliques dans des textes vernaculaires traduites ou inspirées d’œuvres latines, à partir de textes narratifs des xie-xiiie siècles. Elle a mis en évidence l’intérêt spécifique, d’un point de vue poétique, des récits faisant apparaître des reliques. L’écriture de la collection fait appel à une esthétique de la liste dans la Geste des évêques d’Auxerre (Christiane Cosme) et dans le recueil de Jean de Mailly (Florent Coste) ; ailleurs, par exemple dans les textes relatifs à la Véronique, les textes mettent en œuvre des jeux d’échos et de parallélismes (Jean-Marie Sansterre). Enfin, les effets de cohérence que dessinent les agencements des manuscrits ont leur importance dans la manière dont les histoires de reliques sont mises en perspective. C’est notamment ce qu’a montré Armelle Le Huërou à travers l’étude du récit de Baudri de Bourgueil sur les armes de saint Michel.

Cette journée a également permis d’engager une réflexion sur les rapports que tissent les textes entre les reliques et d’autres objets : reliques et indumenta des évêques ; reliques et autres objets sacrés, comme la lance qui saigne et le Graal dans les romans arthuriens (Jean-René Valette, Edina Bozoky) ; reliques et objets profanes enfin, telle une arme ou une pièce de vêtement (Hubert Heckmann et Sophie Albert). Le rapprochement entre un objet et une relique, par des jeux d’analogie, de transformation ou d’assimilation, apparaît dès lors comme un enjeu : le texte peut par ce biais attribuer à un objet donné une forme de dignité, voire de sacralité qui lui est a priori étrangère.

Problématique et axes pour la deuxième journée

La deuxième journée, qui se tiendra à Paris le mercredi 5 juin 2013, privilégiera l’étude des créations et reconfigurations propres aux textes vernaculaires des XIIIe-XVe siècles. En effet, à partir du XIIIe et, plus encore, du XIVe siècle, les champs du profane et du sacré sont redéfinis en profondeur par l’apparition de pratiques de dévotion laïques et individuelles, qui échappent pour partie à l’emprise du clergé. Cette modification rejaillit sur les traitements et les représentations littéraires des reliques, et méritent à ce titre un intérêt particulier. Nous souhaitons donner leur place à des textes didactiques, dramatiques, lyriques, allégoriques, ces catégories n’étant pas exclusives les unes des autres. La journée pourra porter :

– sur l’exploitation morale du discours sur les reliques, dans le cadre d’une littérature didactique destinée aux laïcs et rédigée désormais en langue vernaculaire,

– sur les écarts et les déplacements opérés par les textes : l’allégorie met en tension deux niveaux de réalité, la lyrique deux registres, courtois et religieux ; les textes peuvent introduire, dans leur traitement des reliques, une distance ludique ou parodique dont on interrogera le sens et les effets.

La journée comportera à la fois des communications et une table ronde qui permettra des échanges plus informels.

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