À propos de reliques miniatures de saint Michel :

deux recensions brèves de la Relatio de scuto et gladio sancti Michaelis (BHL 5953) dans le ms Avranches, Bibl. mun. 212 : De scuto et ense sancti Michaelis (BHL 5953b, f. 6v-10r), De l’escu et de l’espee saint Michiel (f. 49r-54r)

Armelle Le Huërou

Dans le premier quart du XIIe siècle, peu après 1112, Baudri de Bourgueil (1045-1130), alors archevêque de Dol (1107-1130), compose une Relatio de scuto et gladio sancti Michaelis (BHL 5953) à l’intention des moines du Mont-Saint-Michel et sans doute à la demande de certains d’entre eux. Sa double qualité d’archevêque voisin et d’auteur de renom le recommandaient sans doute auprès des religieux qui souhaitaient disposer d’un document authentifiant leurs reliques, une épée et un bouclier miniatures réputés avoir appartenu à l’archange. Quoiqu’il prétende seulement préserver des outrages du temps la « noble histoire » des petites armes, son texte s’avère moins une simple « relation » qu’un témoignage capable de lever les doutes qu’elles semblent inspirer et, simultanément, un effort pour réécrire le passé du sanctuaire. Trois siècles et demi plus tard, un manuscrit montois bilingue latin – français, l’actuel Avranches, Bibl. mun. 212, daté de l’abbatiat de Guillaume d’Estouteville (1444-1486) pour la partie qui nous concerne, propose à la fois un De scuto et ense sancti Michaelis (BHL 5353b) – qui, en dépit d’un titre qui n’en dit rien, est une recension brève de la Relatio – et son pendant français intitulé De l’escu et de l’espee saint Michiel.Dans l’immédiat, au moins trois champs d’investigation :

1)      La suppression de l’indication générique de Relatio, la substitution du terme ensis au gladium de Baudri et l’absence de toute allusion à BHL 5953 ou à Baudri lui-même sont emblématiques de ce qui est à l’œuvre dans la version latine mais aussi dans le texte français: la modification du titre enregistre l’intervention de l’auteur anonyme, qui, par les choix opérés dans le texte de Baudri, en a modifié le genre littéraire et la portée générale.

2)       Mais ces versions latine et française partagent plus qu’un titre commun : structurellement elles sont si proches l’une de l’autre qu’une première lecture rapide peut conduire à voir dans De l’escu et l’espee une traduction ou une adaptation du De scuto et ense. L’examen approfondi des deux textes oblige toutefois à revenir plus en détail sur la nature de la parenté qui les unit, car un certain nombre d’écarts entre les deux textes suggère que la version française ne se contente pas de proposer une simple translation de la recension brève latine de BHL 5953. [ce serait aussi l’occasion de proposer une édition des deux recensions brèves s’il y a ensuite publication]

3)       L’intérêt des recensions brèves et du bilinguisme (postérité du ms 212)

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