« Il n’avoit de remanant de s’amie que le seul gant »

Le gant, relique d’amour dans le Cléomadès d’Adenet le roi

Adriane Boussac

Transposition de la pratique de l’investiture féodale, la cérémonie du « contrat » courtois entre deux amants nobles ritualise l’échange d’un objet qui devient ainsi gage d’amour. Investi de différents pouvoirs, ce dernier prend une place particulière dans les textes courtois dès le XIIe siècle : il peut être objet de la préservation de l’amour et de la protection de l’ami lors des tournois, mais aussi réceptacle d’une dévotion spirituelle, parfois érotique, notamment lors de la séparation des amants. Ces différents traits – adoration, protection, représentation – assimilent le gage d’amour à une véritable relique de l’être aimé. Au XIIIe siècle, dans son roman Cléomadès, Adenet le Roi emprunte le motif de l’adoration de la relique aux textes cléricaux et à d’autres récits narratifs afin de mettre en scène un gant abandonné par une dame et chéri par un chevalier. Ce gant, gage d’amour, se fait alors relique : talisman protecteur et métonymie du corps de l’amie, il est adoré par l’amant comme s’il s’agissait de la dame elle-même.

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