Les reliques et leur lieu dans quelques mystères hagiographiques

Jean-Pierre Bordier (Université de Nanterre)

Sur le modèle de nombreuses vies de saints narratives, les mystères hagiographiques attachent une grande importance au devenir des corps des saints, en particulier (mais non exclusivement) des martyrs. Des disciples, déclarés ou clandestins, recueillent les dépouilles et leur apportent des soins où se laisse percevoir la double finalité des rites funéraires : maintenir à la fois proximité et distinction entre le mort et les vivants. Les scènes d’invention et de translation des reliques sont souvent très développées. Généralement, elles dessinent la topographie sacrée de la ville où la pièce est jouée et qui conserve ces reliques. La communauté urbaine y trouve représentée son origine comme institution sous le double aspect de son appartenance à l’Église universelle et de son inscription dans un lieu déterminé. On observe toutefois une grande différence entre les saints fondateurs (Clément, Denis, Lazare, Quentin…) et les saints auxiliaires (Barbe, Christophe, Sébastien…), tandis que saint Martin et quelques autres ne se laissent ranger ni dans l’une, ni dans l’autre catégorie, sans que le sort de leurs reliques soit négligé, loin s’en faut. On se demandera donc s’il est possible d’ébaucher une typologie des mystères hagiographiques à partir du traitement réservé aux saintuaires.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s